Greg et Xavier : 4h41, 57/58ème sur 1000
(par Greg)
Au départ de ce trail, chacun se plaint de ses petites douleurs. Une périostite pour Xavier, une contracture sur un muscle intercostal pour moi. On se lance tout de même dans l’aventure en ayant travaillé un peu la veille le foncier (VTT et natation), avec un départ donné à Chamonix à 7 h. La première partie du parcours consiste à remonter la vallée de l’Arve vers Argentière. La course est relativement plate mais quelques petites bosses donnent le ton de l’épreuve. Gêné par ma douleur, j’ai dû mal à respirer profondément et ça va devenir pénalisant dans le col des Posettes que nous attaquons après la montée vers Vallorcine. Xavier et moi courons ensemble et passons les 10 premiers kilomètres en 51 min, puis les 20 en 1h46, ce qui est plutôt bon. La route s’élève et nous sommes obligés de marcher, manquant sans doute de rythme sur ces parties abruptes. On alterne ainsi la course et la marche rapide sur une piste large, dont l’hélicoptère de course fait voler la poussière pour prendre les meilleures images. Arrivée au col des Posettes, pour un panorama extraordinaire, face aux glaciers d’Argentière. La descente commence. A ce jeu, c’est plutôt moi qui ralentis le rythme sur les pistes de ski même si j’ai un regain de forme. Nous glissons jusqu’au Tour, puis jusqu’à Montroc au bénéfice d’une route qui nous relance. Dans cette course à la moyenne d’âge élevée, les deux petits jeunes en maillot jaune que nous sommes font impression et reçoivent beaucoup d’encouragement. Voilà qui est bien agréable, au passage du 30ème (2h55) et avant la grande difficulté de la course.
On traverse la nationale et l’ascension peut commencer. 700 m pour nous amener jusqu’à Planpraz. Je connais ce chemin et nous l’attaquons à bon rythme, rattrapant nombre de coureurs qui se mettent à marcher. On garde ainsi un rythme soutenu jusqu’au ravito du 35ème, juste avant un terrible raidillon qui va nous être fatal. L’arrivée est à 7 km et pourtant, il va nous falloir beaucoup de temps ! Le paysage prend alors une autre dimension, offrant à cette épreuve son caractère dramatique. Nous marchons, courons vers les sommets, même si chaque pas devient plus lourd, si lourd que j’en oublie de lever une jambe, bute contre un caillou et m’affale de tout mon long sur le chemin, chopant une crampe au passage et me blessant le coude. La fatigue se fait sentir, nous reprenons le rythme, tentant de jeter nos dernières forces dans des passages relativement plats. L’ambiance est aux encouragements entre marathoniens, frais ou perclus de crampes…une communion pour rejoindre l’arrivée que l’on aperçoit au loin, et que les coureurs du cross (22km) qui nous doublent rejoignent plus facilement. Un dernier effort, avec quelques enjambées de course au souffle court et une marche rapide qui déclenche des points de côtés, et nous finissons en courant en 4h41, 57ème, à plus de 1h15 du vainqueur. On se dit tout de suite qu’on revient l’année prochaine, mieux entraîné sur ce type d’épreuve et qu’on finit dans les 30 premiers !
Yves, notre hôte du we, finit son troisième marathon du Mont-Blanc, en 5h17 à 57 ans ! Chapeau bas !
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