Enorme performance :
Laeti : Vice championne de France de Sprint
Yoan : 22ème
Par Laeti,
Après une saison bien remplie, les mois de septembre et octobre n’ont pas été des plus faciles. Il a fallu faire des choix, la forme n’était pas au rendez vous. Nous avons donc décidé d’annuler toutes nos compétitions et de nous consacrer au dernier grand évènement de l’année en CO : le championnat de France de Sprint. Aujourd’hui nous ne pouvons que nous en féliciter mais il faudra que nous soyons plus vigilants à l’avenir dans notre plannif !
Samedi 24 octobre, direction Reims pour la ½ finale du championnat de sprint en CO, je me sens complètement détendue. Je ne ressens pas du tout de stress. En plus le sprint est le format de course que je préfère. C’est très ludique et résolument « fun » de courir sur des lieux qui ne sont pas du tout conçus pour cela. En l’occurrence nous nous rendons sur le campus du Moulin de la House.
Par contre qui dit sprint dit aussi zone de quarantaine – dans 2 gymnases exigus ! – pour que tous les coureurs soient à égalité, les balises étant très proches. Nous sommes 3 séries d’une vingtaine et seules les 10 premières de chaque série seront qualifiées pour la finale du lendemain. Je me concentre et réalise une bonne course, enchainant les balises avec fluidité. Je réalise le 4ème temps de ma série et pars visiter la cathédrale de Reims sereine… Yo est lui aussi qualifié, se plaçant 7ème de sa série.
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Dimanche 25 octobre, nous nous rendons à Hautvillers, joli village renommé pour son champagne. Nous imaginons tout de suite la difficulté de la course par rapport à la veille tant sur le plan physique que technique, le village, adossé à la montagne de Reims, est entouré de champs de vignes à perte de vue.
Nous entrons en quarantaine dans la cour de l’école du village et nous échauffons tous ensemble dans une grande convivialité. Je pars dans les dernières puisque l’ordre dépend de la qualification de la veille. Je me retrouve à côtoyer les meilleures et je me sens flattée. Je me concentre sur ce qui va suivre.
H-1 min, je suis en pleine galère, je n’arrive pas à placer mes défs correctement dans mon porte-dèf… Top, c’est parti pour moi, je prends ma carte et m’enfonce dans le village vers ma première balise. En courant vers ma 2ème balise je rencontre une adversaire partie 1min avant moi, en sens inverse. Je me rappelle alors de ce que Yoan m’a toujours dit : « une fois ton choix d’itinéraire décidé, conserve le », je continue donc sur mon choix vers la 3. Je ne cesse de relancer, restant un maximum au contact de ma carte et la première partie dans le village se passe très bien. A mi-parcours, il y a un poste à poste beaucoup plus long qui nous emmène dans les vignes. Je rattrape alors 2 filles puis un peu plus loin une 3ème fille mais je ne me laisse pas aller et attaque à nouveau. Cette seconde partie dans les vignes est beaucoup plus difficile, les passages sont beaucoup plus difficiles à voir et je suis davantage stressée. J’ai l’impression de ne pas courir assez vite mais réalise une course sans faute malgré un choix d’itinéraire un peu plus long entre 2 balises. La fin est difficile, il faut remonter en direction des 2 dernières balises et là je pense à Kiyou, un copain de l’athlé qui me dit souvent de m’aider de mes bras. J’ai l’impression d’être ridicule en tirant un max sur mes bras ne me doutant pas que le podium s’est joué dans cette montée !!!
Je relance une dernière fois dans le couloir d’arrivée et vois Yoan s’agiter dans tous les sens. Il est persuadé que j’ai fait une bonne course, j’en doute, j’aurais aimé relancer davantage dans les vignes… Je ne cesse de le questionner sur sa course, son classement, mais il semble ailleurs… Il finira à une très belle 22ème place.
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Puis je ne comprends plus rien, j’entends mon nom au micro puis je vois Yo trépigner derrière l’ordinateur de l’organisation en attendant les toutes dernières arrivantes. Les résultats tombent rapidement : je suis 2ème du championnat de France de sprint. C’est un déferlement d’émotions et de pensées qui arrivent. J’appelle ma mère, ma sœur, mon entraineur, Kiyou et continue de regarder Yo qui est si fier de moi. Je ravale mes larmes, c’est un rêve de gosse que je viens de réaliser. Je baigne dans la compétition depuis très jeune et je n’en étais pas à mon premier championnat de France toutes disciplines confondues mais j’avais perdue l’espoir de réaliser un jour une performance de cette ampleur ! Je nage dans le bonheur et je suis toute gênée de me retrouver au milieu du haut niveau français de course d’orientation…
Une semaine après je suis toujours sur mon petit nuage malgré la reprise de l’entrainement sur les terrains très techniques du Larzac. Je vais poursuivre avec encore plus de rigueur mes entrainements et essayer de continuer à progresser.